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Seconde SES4-5 semaines

La production dans l'entreprise

Ce chapitre vise à comprendre comment les entreprises combinent des facteurs de production pour créer des biens et services, et comment mesurer cette activité productive.

Introduction

Accroche

En France, les entreprises produisent chaque année pour plus de 3 000 milliards d'euros de biens et services, ce qui représente la richesse créée sur notre territoire.

Problématique

Comment l'entreprise produit-elle ?

Annonce du plan

Nous verrons d'abord les facteurs de production nécessaires, puis comment mesurer l'efficacité de cette production, et enfin comment calculer la richesse réellement créée.

Plan du cours

1. Les facteurs de production : les ressources nécessaires

A. Le travail et le capital, deux facteurs complémentaires

Pour produire, une entreprise combine deux facteurs principaux. Le travail représente l'ensemble des efforts physiques et intellectuels fournis par les salariés. Le capital regroupe les biens durables utilisés pour produire : machines, bâtiments, outils, logiciels. Ces deux facteurs sont complémentaires : une boulangerie a besoin à la fois du boulanger (travail) et du four, du pétrin et du local (capital). L'entreprise doit trouver la meilleure combinaison possible entre ces deux facteurs pour être efficace.

Exemple

Pour produire une voiture, Renault a besoin d'ouvriers sur les chaînes d'assemblage (travail) et de robots, de presses et d'usines (capital).

B. La combinaison productive : un choix stratégique

L'entreprise doit décider de la proportion de travail et de capital à utiliser. On parle de combinaison productive. Une production est intensive en capital lorsqu'elle utilise beaucoup de machines et peu de main-d'œuvre (ex: une centrale nucléaire). À l'inverse, elle est intensive en travail lorsqu'elle repose surtout sur l'humain (ex: un salon de coiffure). Ce choix dépend du secteur d'activité, des coûts relatifs des facteurs et de la technologie disponible. L'objectif est de produire au moindre coût.

Exemple

Une grande surface comme Carrefour est intensive en capital (caddies, caisses automatiques, entrepôts robotisés) mais aussi en travail (caissiers, agents d'entretien, vendeurs).

2. La productivité : mesurer l'efficacité de la production

A. Qu'est-ce que la productivité ?

La productivité mesure l'efficacité avec laquelle les facteurs de production sont utilisés. Elle compare la quantité produite (la production) à la quantité de facteurs utilisée. On calcule souvent la productivité du travail : combien produit un salarié en une heure ? Par exemple, si un ouvrier assemble 10 téléphones par heure, sa productivité horaire est de 10. Une hausse de la productivité signifie qu'avec la même quantité de travail ou de capital, l'entreprise produit plus. C'est un objectif majeur pour rester compétitive.

Notions clés :

Exemple

Un agriculteur qui récoltait 50 tonnes de blé par an avec un tracteur ancien et en récolte 70 avec un nouveau modèle plus performant a augmenté sa productivité du capital.

B. Les sources des gains de productivité

Plusieurs éléments permettent d'augmenter la productivité. Le progrès technique est le plus important : de nouvelles machines, des logiciels ou des méthodes de travail innovantes (comme le travail à la chaîne inventé par Ford). La qualification des salariés (formation) et une meilleure organisation du travail (répartition des tâches) sont aussi cruciales. Enfin, les économies d'échelle jouent un rôle : plus l'entreprise produit en grande quantité, plus le coût de chaque unité produite baisse, ce qui améliore la productivité globale.

Exemple

Les caisses automatiques en supermarché représentent un progrès technique qui augmente la productivité du capital (une caisse sert plus de clients) et peut libérer du personnel pour d'autres tâches.

3. La valeur ajoutée : la richesse créée par l'entreprise

A. Définition et calcul de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée (VA) est un indicateur clé. Elle mesure la richesse nouvelle créée par l'entreprise grâce à son activité de production. Pour la calculer, on soustrait du chiffre d'affaires (ce que l'entreprise a vendu) la valeur des biens et services consommés lors de la production (les consommations intermédiaires). Ces consommations sont les matières premières, l'énergie, les pièces détachées achetées à d'autres entreprises. La VA correspond donc à la différence entre la valeur de ce qui est produit et la valeur de ce qui a été détruit ou transformé pour le produire.

Exemple

Un boulanger vend une baguette 1,20€. Il a utilisé pour la faire de la farine, de l'eau, de l'électricité pour 0,50€. Sa valeur ajoutée sur cette baguette est de 1,20€ - 0,50€ = 0,70€. C'est la richesse qu'il a créée en transformant la farine en pain.

B. À quoi sert la valeur ajoutée ?

La valeur ajoutée créée par l'entreprise est ensuite répartie entre différents acteurs. Elle sert d'abord à rémunérer les salariés (salaires). Une partie est prélevée par l'État (impôts et taxes). Le reste constitue l'excédent brut d'exploitation (EBE), qui rémunère les apporteurs de capital (dividendes pour les actionnaires) et permet à l'entreprise de financer ses investissements futurs (acheter de nouvelles machines). Ainsi, la VA est le gâteau à partager. Plus il est grand, plus il y a de possibilités pour augmenter les salaires, investir ou payer des impôts.

Exemple

Si une PME crée 100 000€ de valeur ajoutée dans l'année, elle pourra par exemple en utiliser 60 000€ pour payer ses salariés, 20 000€ pour les impôts, et garder 20 000€ pour acheter un nouveau camion de livraison (investissement).

Mécanismes à maîtriser

La combinaison productive

C'est le processus par lequel l'entreprise associe du travail et du capital dans des proportions variables pour produire. Elle cherche la combinaison la plus efficace, c'est-à-dire celle qui minimise les coûts pour un niveau de production donné. Ce choix évolue avec la technologie et les prix des facteurs.

La création et la répartition de la valeur ajoutée

Mécanisme en deux temps. D'abord, l'entreprise crée de la valeur ajoutée en transformant des consommations intermédiaires. Ensuite, cette richesse nouvellement créée est partagée (répartie) entre les salariés (salaires), l'État (impôts), et les apporteurs de capitaux (bénéfices).

Chiffres essentiels

La productivité horaire du travail en France était de 60,4€ en 2022 (INSEE).

La valeur ajoutée des entreprises françaises représentait 57% du PIB en 2023 (INSEE).

En moyenne, les consommations intermédiaires représentent environ 60% du chiffre d'affaires des entreprises industrielles (INSEE).

Les investissements (formation de capital) des entreprises représentaient 12% du PIB français en 2023.

Exercices types

EC1

Quels sont les facteurs de production et comment l'entreprise les combine-t-elle ?

Pistes de réflexion :

Il faut définir les deux facteurs principaux (travail et capital) et expliquer le concept de combinaison productive. Illustrer avec un exemple d'entreprise intensive en capital et un autre intensive en travail.

EC2

À partir d'un document présentant le compte de résultat simplifié d'une entreprise, calculez sa valeur ajoutée et expliquez à quoi elle sert.

Pistes de réflexion :

Identifier le chiffre d'affaires et les consommations intermédiaires dans le document. Appliquer la formule VA = CA - CI. Puis énoncer les trois grandes utilisations de la VA : rémunérer le travail, payer l'État, rémunérer le capital et investir.

Eco