Le bonheur
Fiche de révision Bac
Définition
État de satisfaction complete et durable qui constitue la fin ultime de l'existence humaine. Le bonheur (eudaimonia en grec) se distingue du simple plaisir par sa permanence et sa plenitude, et pose la question de ce qui fait une vie reussie.
Le bonheur est l'une des notions les plus fondamentales de la philosophie, présente depuis l'Antiquite grecque. Tous les hommes desirent être heureux (Aristote), mais ils ne s'accordent ni sur la définition ni sur les moyens d'atteindre le bonheur. TROIS GRANDES CONCEPTIONS DU BONHEUR : 1. LE BONHEUR COMME ACTIVITE VERTUEUSE (Aristote) Pour Aristote, le bonheur (eudaimonia) n'est pas un état passif mais une activité de l'ame conforme a la vertu. Être heureux, c'est realiser pleinement sa nature d'être rationnel, c'est "bien vivre et bien agir". Le bonheur est le souverain bien, la fin ultime que l'on recherche pour elle-meme. 2. LE BONHEUR COMME ABSENCE DE TROUBLE (Epicure) Pour Epicure, le bonheur est l'ataraxie (absence de trouble de l'ame) et l'aponie (absence de douleur du corps). Il s'obtient par une classification rigoureuse des desirs : naturels et nécessaires (boire, manger), naturels et non nécessaires (gastronomie), ni naturels ni nécessaires (richesse, gloire). Seuls les premiers doivent être satisfaits. 3. LE BONHEUR ET LA MORALE (Kant) Pour Kant, le bonheur ne peut pas fonder la morale car il est subjectif et contingent : chacun place son bonheur dans des objets differents. Le devoir moral est inconditionnel, independant de la recherche du bonheur. Cependant, Kant admet que l'homme vertueux merite d'être heureux : c'est le "souverain bien" qui unit vertu et bonheur. 4. LE BONHEUR COMME UTILITE (Mill) Pour John Stuart Mill, le bonheur est le critere de la morale (utilitarisme) : une action est bonne si elle produit le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Mais Mill distingue les plaisirs superieurs (intellectuels) et inferieurs (corporels) : "Mieux vaut être un Socrate insatisfait qu'un imbecile satisfait." LE PARADOXE DU BONHEUR : - Le bonheur semble être le but universel de la vie humaine - Mais peut-on le rechercher directement sans le manquer ? - Le bonheur est-il affaire de hasard (heur = chance) ou de sagesse ?
Problématiques essentielles
- ?Le bonheur est-il le souverain bien ?
- ?Peut-on atteindre le bonheur par la raison ?
- ?Le bonheur depend-il de nous ou des circonstances ?
- ?Le bonheur est-il compatible avec le devoir moral ?
- ?Faut-il rechercher le bonheur ou s'en detourner ?
- ?Le bonheur est-il un ideal de l'imagination ou de la raison ?
- ?Suffit-il de satisfaire ses desirs pour être heureux ?
Thèses des auteurs
Le bonheur (eudaimonia) est l'activité de l'ame conforme a la vertu la plus haute. C'est la fin ultime de toutes nos actions, le souverain bien qui se suffit a lui-meme.
Le bonheur est l'ataraxie, obtenue par la classification et la maîtrise des desirs. Le plaisir est le commencement et la fin de la vie bienheureuse, mais il s'agit du plaisir en repos, non du plaisir en mouvement.
Le bonheur est un ideal de l'imagination, pas de la raison. Il ne peut fonder la morale car il est empirique, subjectif et incertain. Le devoir prime sur la recherche du bonheur.
Le bonheur est le critere de la morale : la meilleure action est celle qui produit la plus grande somme de bonheur pour le plus grand nombre, en distinguant la qualite des plaisirs.
Le bonheur est impossible car le desir est une souffrance (manque) et sa satisfaction n'apporte qu'un soulagement temporaire suivi d'ennui. La vie oscille entre douleur et ennui.
Citations à retenir
"Le bonheur est le souverain bien, ce en vue de quoi nous faisons tout le reste."
"Le plaisir est le commencement et la fin de la vie bienheureuse."
"Le bonheur est un ideal de l'imagination, non de la raison."
"Mieux vaut être un Socrate insatisfait qu'un imbecile satisfait."
"Tous les hommes recherchent d'être heureux ; cela est sans exception."
Distinctions conceptuelles
Pièges à éviter
- ✗Confondre bonheur et plaisir : le plaisir est une satisfaction ponctuelle, le bonheur un état global et durable.
- ✗Croire qu'Epicure est un hedoniste vulgaire : son hedonisme est austere, fonde sur la sobriete et la maîtrise des desirs.
- ✗Oublier la dimension morale du problème : le bonheur peut-il être immoral ?
- ✗Reduire le debat a l'opposition bonheur/devoir : Aristote unit vertu et bonheur.
- ✗Ignorer le paradoxe du bonheur : le rechercher directement peut empecher de l'atteindre.
Sujets types
- Le bonheur est-il le souverain bien ?
- Suffit-il de satisfaire ses desirs pour être heureux ?
- Le bonheur est-il affaire de chance ou de sagesse ?
- Le bonheur depend-il de nous ?
- Peut-on être heureux sans être vertueux ?
- La recherche du bonheur est-elle un devoir ?
- Le bonheur est-il compatible avec la morale ?
